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Entretien avec M. Rossignol, photographe

Portrait d’un artiste sans étiquette

«Je suis inclassable» sont les premiers mots prononcés par Martial Rossignol, auteur photographe arrageois, connu pour ses nombreux ouvrages dont « les chroniques de Leipzig », « le petit Monde d’Erwin », « Piccolo Diavolo » et la célèbre série «In Vitro».

Si les photos sont belles, elles sont aussi déroutantes, énigmatiques et nous transportent dans le monde fantasque de l’artiste.

Créa a rencontré ce photographe hors du commun, doucement rebelle qui se veut sans étiquette et ouvert à tous les défis artistiques.

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Rencontre avec un artiste de talent

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S’il est débordant de fantaisie, l’homme reste humble et lucide. C’est d’ailleurs avec beaucoup de simplicité que l’artiste nous parle de son travail :

« Je saisis des instants au hasard de mes déambulations, c’est ce qui nourrit mon inspiration, ou alors je mets le nez là où je n’irai jamais si je n’étais pas photographe.

Je me faufile dans les coulisses des théâtres, m’invite chez les Compagnons d’Emmaüs ou me laisse porter par le spectacle de la rue. Quand on regarde le monde comme un théâtre ou comme un film, le quotidien se met en scène et se transcende rapidement : une personne qui fait les cent pas devient danseur, un couple qui traverse une place devient « un homme et une femme ».

C’est tout cela qui éveille mon imaginaire et constitue la base de mon travail.

C’est avec la photo que je m’exprime le mieux mais les mots et la musique me fascinent et j’aime à penser que mes créations s’apparentent un peu à la littérature, au théâtre ou au cinéma. J’écris le monde, mon monde avec la photographie, je le mets en scène, raconte des histoires insolites et surprenantes et adore partager mes visions avec le public.

Portraits de stars

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«J’ai fait une expérience intéressante que j’ai appelée «Portraits de stars».

Au cours d’une exposition, j’ai demandé aux visiteurs de se prêter à un petit jeu consistant à poser telle une vedette de magazines people.

Ce travail a donné lieu à une exposition l’année suivante et comme je l’avais imaginé parce que l’oeil est tellement conditionné par le flux d’images qu’il perçoit à longueur de journée, certains visiteurs ont cru y reconnaître de vraies stars…
Quelqu’un a même demandé une dédicace à une jeune femme croyant qu’il s’agissait de la véritable Sandrine Kiberlain.

Quelques une de ses œuvres

« Je suis toujours en quête d’insolite « 

Créa : Parlez-nous de vos œuvres

– Je réalise également des portraits en noir et blanc. Ce n’est pas l’esthétique que je recherche mais l’émotion, l’intensité. Parfois je travaille aussi en utilisant des textures pour donner la sensation que le sujet est peint.

Je viens d’achever une série plus «polar» , plus dramatique. Mon style s’adapte à mon sujet, à ce que j’ai envie de vous raconter. Je suis toujours en quête d’insolite et de nouveaux défis artistiques.
Je ne cherche pas la provocation mais je m’efforce de fabriquer des images qui ne laissent pas indifférent, j’aime aussi à confectionner des images plus délicates et ouvertes sur des mondes imaginaires … »

« L’image n’est qu’une proposition, à vous d’en faire ce que vous voulez »

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Et la série appelée «In vitro» ?

– Au départ, il s’agissait juste d’exploiter une technique photographique qui consiste à prendre en photo un objet glissé dans un vase ou un bocal transparent.

Par la suite, Je me suis amusé à composer avec cet univers mais je n’aurais jamais imaginé que cette série aurait fait le buzz …

Beaucoup en ont parlé effectivement.

Créa : Quel sens donné à ces « mises en bocaux » ?

– C’est vous qui avez la clef de l’interprétation, pas moi. On a l’habitude de gober toutes les images qu’on nous présente. C’est un conditionnement. Mes images sont plus « difficiles » car elles provoquent et font appel à l’imagination.

Chacun est libre d’y voir ce qu’il veut ou de ne rien voir aussi. Ceux qui prennent le temps de s’arrêter sur mes oeuvres je les appelle des «regardeurs». Ils se projettent dans l’image un peu comme dans un miroir, ils ont compris ce que leur renvoie la photo, ce sont leurs propres pensées, leurs joies ou leurs angoisses.

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Concernant «In vitro», j’ai eu diverses réactions, notamment, très positives auprès des enfants et parfois viscérales chez certaines femmes dont les maternités furent douloureuses.
C’est effectivement un sujet très sensible qui vous prend aux entrailles. Dans le livre chaque photo est accompagnée d’une maxime humoristique sur l’éducation des enfants ce qui désamorce un peu le côté trash de l’image.

Créa : Comment expliquez-vous ces différentes réactions ?

– On se laisse berner par l’image. L’interprétation est une projection de soi. On analyse une oeuvre avec son propre regard et son histoire personnelle, le filtre culturel ne vient que plus tard.

La proposition artistique permet ainsi d’entrer en résonance. Elle crée le discours, l’échange et c’est ça qui m’intéresse … J’affectionne tout particulièrement les vernissages car je rencontre mes «regardeurs». Ils me posent des questions ou me confient leurs réactions et le dialogue s’instaure. Je suis souvent surpris par les différentes interprétations. L’image n’est qu’une proposition, à vous d’en faire ce que vous voulez …  »

Organisation de stages

Martial ROSSIGNOL organise des stages d’écriture photographique permettant aux photographes d’aborder la démarche d’auteurs. Sur la base d’un projet de création comme la réalisation d’un livre ou d’une exposition, Martial transmet et partage son expérience afin d’aider les jeunes artistes à vivre de leur art.

Incarnat

Membres du collectif Incarnat, Martial Rossignol et Patrick Devresse aident également les jeunes photographes dans leur démarche artistique.

Pour tous renseignements :
Marial Rossignol
Tél : 06.70.94.31.71

Site Web : http://www.martial-rossignol.fr/

Page FB : https://www.facebook.com/pages/Martial-Rossignol-Auteur-Photographe/149593891723074?ref=mf

Email : martial.rossignol(at)gmail.com

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